Qu’est-ce que la loi EGalim ?
La loi EGalim — loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous » — est issue des États généraux de l’alimentation organisés en 2017. Elle poursuit trois grands objectifs : assurer une juste rémunération des producteurs, renforcer la qualité sanitaire et environnementale de l’alimentation, et favoriser une alimentation plus durable et accessible.
Pour la restauration collective, la loi EGalim marque un tournant : elle fixe des obligations concrètes en matière d’approvisionnement de qualité, de diversification des menus et, surtout, de lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle a été complétée et renforcée par la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire, n° 2020-105 du 10 février 2020) et par la loi Climat et résilience du 22 août 2021, qui étend ses obligations à la restauration collective privée. À ne pas confondre avec la loi dite « EGalim 2 » (n° 2021-1357), qui porte sur la rémunération des agriculteurs.
Le gaspillage alimentaire représente un coût économique, environnemental et éthique considérable. En restauration collective, il se concentre principalement sur les denrées non consommées : restes d’assiettes, surproduction, erreurs de prévision. La loi EGalim invite chaque établissement à objectiver ce gaspillage pour mieux le réduire.
Qui est concerné ?
Les obligations issues de la loi EGalim s’appliquent à l’ensemble de la restauration collective, qu’elle soit publique ou privée, en gestion directe ou concédée. Sont notamment concernés :
- Cantines scolaires — écoles maternelles et élémentaires, collèges, lycées.
- EHPAD et établissements médico-sociaux — restauration des résidents.
- Hôpitaux et établissements de santé — restauration des patients et du personnel.
- Restaurants d’entreprise et administratifs — restauration du personnel.
- Collectivités territoriales — restauration municipale, intercommunale, départementale et régionale.
Certaines obligations sont assorties de seuils. Ainsi, l’obligation de proposer une convention de don à une association habilitée d’aide alimentaire vise les opérateurs de la restauration collective qui préparent plus de 3 000 repas par jour (ordonnance n° 2019-1069). La démarche de diagnostic et de réduction du gaspillage, elle, concerne tous les établissements, quelle que soit leur taille.
Les obligations détaillées
La loi EGalim et les textes qui l’ont complétée imposent à la restauration collective une démarche structurée de lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle s’articule autour de plusieurs étapes.
1. Le diagnostic préalable
Avant d’agir, il faut mesurer. La démarche de lutte contre le gaspillage commence par un diagnostic, qui estime les quantités de denrées gaspillées et leur coût (article L541-15-3 du code de l’environnement). En pratique, on quantifie les pertes à chaque étape : stockage, préparation, distribution et retour plateau. La pesée régulière des déchets alimentaires est la méthode de référence pour produire des données fiables et exploitables.
2. Le plan d’action et la démarche de réduction
À partir du diagnostic, l’établissement définit un plan d’action : ajustement des quantités produites, révision des menus et des grammages, sensibilisation des convives, organisation du don alimentaire lorsque le seuil l’impose. La loi AGEC fixe un objectif national : réduire de 50 % le gaspillage alimentaire en restauration collective d’ici 2025, par rapport à son niveau de 2015 (ministère de l’Agriculture).
3. Le tri à la source des biodéchets
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé à tous les producteurs (ministère de la Transition écologique). La restauration collective doit organiser la collecte séparée de ses déchets alimentaires afin de permettre leur valorisation par compostage ou méthanisation. Un tri clair et ergonomique au retour plateau est la clé d’une collecte de qualité.
4. Le suivi, le reporting et l’archivage
La démarche n’a de sens que si elle est suivie dans le temps. Conserver les données de pesée, les bilans et les plans d’action permet de mesurer les progrès, de documenter la conformité et de répondre à d’éventuels contrôles. Un archivage sur plusieurs années est recommandé.
Calendrier d’application
La réglementation s’est construite par étapes successives depuis 2018. Voici les dates clés à retenir pour la restauration collective.
- 2018Promulgation de la loi EGalim (loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018), issue des États généraux de l’alimentation.
- 2019Ordonnance n° 2019-1069 : la démarche de lutte contre le gaspillage, précédée d’un diagnostic, est étendue à toute la restauration collective ; la convention de don devient obligatoire au-delà de 3 000 repas préparés par jour.
- 2020Loi AGEC (n° 2020-105) : objectif de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire en restauration collective d’ici 2025, par rapport à 2015.
- 2021Loi Climat et résilience (n° 2021-1104) : les obligations de la loi EGalim sont renforcées et étendues à la restauration collective privée.
- 2022Entrée en vigueur du seuil de 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de bio, dans la restauration collective publique.
- 2024Généralisation du tri à la source des biodéchets à tous les producteurs, y compris la restauration collective (1ᵉʳ janvier 2024).
Sources : loi EGalim, ordonnance n° 2019-1069, loi AGEC, loi Climat et résilience, ministère de la Transition écologique.
Sanctions en cas de non-respect
Le non-respect des obligations issues de la loi EGalim et des textes associés expose les établissements à plusieurs types de risques.
- Sanctions administratives et financières — le non-respect de certaines obligations (don alimentaire, tri à la source des biodéchets) peut donner lieu à des amendes administratives.
- Risque réputationnel — la restauration collective fait l’objet d’une attention croissante des familles, des résidents, des salariés et des élus. Un établissement qui ne s’engage pas dans la réduction du gaspillage s’expose à une perte de confiance.
- Coûts évitables — au-delà de la sanction, le gaspillage représente une dépense directe : chaque kilo jeté est un kilo acheté, préparé et non valorisé.
Au-delà du seul respect de la loi, la démarche de réduction du gaspillage est donc aussi une opportunité d’économies et de valorisation de l’image de l’établissement.
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La loi EGalim s’applique-t-elle à toutes les cantines ?
Les obligations de la loi EGalim concernent l’ensemble de la restauration collective, publique comme privée : cantines scolaires, EHPAD, hôpitaux, restaurants administratifs et d’entreprise, restauration des collectivités. Certaines obligations comportent des seuils spécifiques, notamment l’obligation de proposer une convention de don pour les structures préparant plus de 3 000 repas par jour.
Le diagnostic de gaspillage alimentaire est-il obligatoire ?
Oui. La loi impose aux opérateurs de la restauration collective d’engager une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui débute par un diagnostic. Ce diagnostic mesure les quantités gaspillées à chaque étape afin d’identifier les leviers d’amélioration. Une mesure régulière, idéalement par pesée, en est le fondement.
Quel est le lien entre la loi EGalim et le tri des biodéchets ?
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé à tous les producteurs. La restauration collective doit donc organiser la collecte séparée de ses déchets alimentaires en vue de leur valorisation (compostage, méthanisation). Le tri à la source et la mesure du gaspillage sont deux démarches complémentaires.
Comment prouver sa conformité en cas de contrôle ?
Il est recommandé de conserver les éléments documentant la démarche : diagnostic initial, données de pesée, plan d’action et bilans. Un suivi régulier et archivé des quantités gaspillées facilite la traçabilité et la démonstration de la conformité.
Combien de temps faut-il conserver les données de gaspillage ?
La bonne pratique consiste à archiver les données et bilans sur plusieurs années afin de documenter l’évolution de la démarche dans le temps. Une solution de mesure connectée facilite cet archivage et la production des bilans.
Par où commencer pour se mettre en conformité ?
La première étape est de mesurer : sans données fiables, il est impossible de piloter une réduction du gaspillage. La mise en place d’un tri à la source clair, couplée à une pesée régulière, permet d’établir un diagnostic, puis de définir un plan d’action et d’en suivre les effets.
Textes et sources officielles
Les textes de loi et les publications officielles sur lesquels s’appuie cette page. La télédéclaration annuelle de la restauration collective se fait sur ma cantine, la plateforme de l’État.
- Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 (loi EGalim)
- Ordonnance n° 2019-1069 du 21 octobre 2019 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire
- Loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC)
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 « Climat et résilience »
- Loi n° 2021-1357 du 18 octobre 2021 visant à protéger la rémunération des agriculteurs (« EGalim 2 »)
- Article L541-15-3 du code de l’environnement (démarche et diagnostic anti-gaspillage)
- Ministère de l’Agriculture — Lutte contre le gaspillage alimentaire : les lois françaises
- Ministère de la Transition écologique — Tri à la source des biodéchets
- Ministère de la Transition écologique — Gaspillage alimentaire
- ADEME — Le gaspillage alimentaire dans la restauration collective, chiffres clés 2024
- ma cantine — plateforme de l’État pour la restauration collective